Coupe d'Afrique
Coupe d'Afrique : suivez l'actualité et les résultats de la CAN 2012 sur Coupedafrique.com
A présent suivez la CAN 2013 qui se déroulera en Afrique du Sud du 19 janvier au 10 février 2013.
Le coach français de la Zambie avait visé la finale avant la compétition. (Reuters)
Le coach français de la Zambie avait visé la finale avant la compétition. (Reuters)

Renard: "Pas peur d'aller au sommet"

12/02/2012 à 10h33 - CAN 2012

Hervé Renard est en plein rêve. Entraîneur de la Zambie, le Français va tenter dimanche d'offrir un premier titre continental aux Chipolopolos, opposés dimanche en finale de la Coupe d'Afrique des Nations à la Côte d'Ivoire à Libreville. L'occasion également pour l'ancien adjoint de Claude Le Roy de se faire un nom, lui qui a été beaucoup critiqué.

Hervé, parlez nous de vos fameuses chemises blanches...
(rires) En 2010, en Angola, j'avais une chemise blanche pour le premier match de groupe. Nous avions fait match nul face à la Tunisie. Le deuxième match, contre le Cameroun, j'en avais une bleue. Nous avions perdu. Maintenant, je ne prends plus de risques !

On ne vous a pas vu célébrer la qualification pour la finale, face au Ghana, pourquoi ?
Vous savez, j'ai été adjoint de cette sélection (de Claude Le Roy, entre 2007 et 2008, ndlr). Hormis les deux Serbes, je connaissais tout le staff. Ils étaient avec moi à l'époque. C'est pour ça que je n'ai pas sauté de joie. J'ai du respect pour eux, je ne pouvais pas fêter ça, alors que des amis étaient tristes. Quand j'ai commencé, en 2000, personne ne connaissait mon nom. Ma carrière a eu des hauts et des bas: ce n'est pas toujours facile quand on n'a pas un grand nom. Mais c'est ce qui m'a rendu plus fort. Quand l'arbitre a sifflé la fin du match, j'ai pensé à ces moments de difficulté. J'étais vraiment heureux.

On sent de l'amertume dans vos propos...
Humainement, je pense être quelqu'un de bien. Il y a des critiques qui me touchent profondément. On me juge mal la première fois. Je suis blanc, j'ai les cheveux longs et, dès qu'on me voit, on pense que j'ai la grosse tête. J'espère que quand on me connaît, on pense différemment. Ce que j'aimerais faire, dimanche soir, quand on aura gagné la CAN, c'est aller dans un endroit où il n'y aura pas grand monde, prendre un bon cappuccino, repenser à tout ce qui vient de se passer et aux moments formidables que je viens de vivre, et non pas avoir 500 personnes qui me portent.

Comment vivez-vous ces critiques ?
J'ai été pas mal critiqué, c'est vrai. J'ai entendu beaucoup de choses, mais j'ai essayé de rester en dehors de tout ça. Je ne lis pas ce qui me concerne. C'est comme ça. Aujourd'hui, il est facile pour vous de dire que je suis, avec François Zahoui, l'un des meilleurs coaches africains. C'est tout le contraire de ce qui a été dit auparavant. Dire que c'est une revanche pour moi par rapport aux commentateurs, aux observateurs, ce n'est pas exactement la vérité. Mais c'est la vie. Je suis un gagnant, un battant. Et si je vois quelqu'un qui ne me respecte pas, je peux être terrible avec lui. Pour moi, il faut être correct tout le temps, respecter les règles.

"on n'est pas surpris d'être là"

Allez-vous changer quelque chose à la préparation de la finale ?
Non. Pourquoi ? On fera comme d'habitude. On ne changera rien, on protège les joueurs. Ce n'est pas parce qu'on joue la Côte d'Ivoire qu'on va changer. On fera comme face au Soudan, la Guinée équatoriale ou le Sénégal. Il fallait qu'on soit prêts le 21 janvier, on finira le boulot le 12 février.

Personne ne vous attendait à ce stade de la compétition. Y a t-il désormais une pression différente sur vos épaules ?
Nous, on croyait en nous. On n'a pas arrêté de répéter que l'objectif était de faire mieux qu'en 2010 (demi-finale, ndlr). Maintenant, on a franchi une marche supplémentaire et on est récompensés de notre travail. On n'est pas surpris d'être là et on ne change rien à notre comportement, notre philosophie. La seule chose qu'il y a dans notre tête, c'est que, cette finale, on veut la gagner.

Quelles sont vos armes pour battre la Côte d'Ivoire ?
Notre arme, c'est notre détermination. On n'a peur de personne. On respecte beaucoup les Ivoiriens, on connaît la qualité de joueurs qu'on voit toutes les semaines à la télévision. Ce serait un sacré exploit ! Mais on sait de quoi on est capables. On est devant une montagne, mais on a tellement de détermination qu'on n'a pas peur d'aller au sommet. Quand on perd une finale de Coupe d'Afrique, c'est très dur et on n'a pas envie d'être dans cette situation, que les gens nous disent: "Bien joué quand même". C'est ce qui me mettra le plus en colère.

"Je n'exclus pas l'idée de revenir en France"

Cette équipe de Côte d'Ivoire ne vous inquiète pas ?
Tout le monde est capable de citer les noms des Ivoiriens. Drogba, Kalou, Gervinho, Yaya Touré... Mais, si on ne regarde que les noms, on déclare forfait maintenant. Affronter de tels joueurs ne peut que nous rendre plus forts.

Mais, avec huit buts marqués et zéro encaissé, les Eléphants sont l'une des meilleures équipes du plateau...
A vous écouter, il est impossible de les battre ! Autant rester chez nous alors... (rires) Vous savez, il est possible de perdre une CAN avec la meilleure équipe et la meilleure défense. Il est possible de perdre une CAN sans prendre de but.

Une victoire dimanche changera-t-elle quelque chose pour vous ?
Quand j'ai démarré ma carrière d'entraîneur à Draguignan, à 29 ans, en CFA 2, j'avais une entreprise de nettoyage. Je nettoyais les parties communes de certaines résidences et je sortais les poubelles aussi. J'ai fait ça pendant huit ans. Je me levais tous les matins, cinq jours sur sept, à 3 heures du matin. Par rapport à tout ça, par rapport à ce que certaines personnes vivent, le match contre la Côte d'Ivoire est facile... C'était la meilleure chose qui puisse arriver dans ma vie. Et quand je suis dans un hôtel, quelque part, je pense à ces gens qui travaillent et à ceux qui, parfois, les méprisent parce que j'ai été à leur place.

Vous voyez-vous revenir en France un jour ?
Je n'exclus pas l'idée de revenir. Je serais fou de dire non, mais je ne reviendrai pas à n'importe quelles conditions. Ce que je vis maintenant, avec la Zambie, je ne suis pas sûr de pouvoir le vivre en Ligue 1. Mon but, c'est d'avoir des émotions à travers le football. Je fais mon boulot pour gagner des matches comme celui proposé dimanche, pour garder un souvenir fantastique pour le reste de ma vie.

de Claire Poterel à Libreville
Archives : CAN 2004 | CAN 2006 | CAN 2008
2009 coupedafrique.com -
Coupe d'Afrique des Nations | Euro 2012 en direct | Calendrier CAN 2013 | Qualifications CAN 2013 | Streaming Football | Ligue 1 en direct | Match en direct | Streaming Foot | Belote | Pronostics foot | Unibet | Football