![]() L'Egypte a remporté la septième Coupe d'Afrique des Nations de son histoire en Angola. (Reuters) |
Le bilan de la CAN01/02/2010 à 18h33 - CAN 2010 |
La vingt-septième édition de la Coupe d'Afrique des Nations s'est achevée dimanche, en Angola, sur la victoire de l'Égypte sur le Ghana (1-0). Les Pharaons signent leur troisième succès d'affilée dans cette compétition, le septième dans toute leur histoire. Un record, et c'est bien là tout ce qu'il y aura à retenir de cette CAN, qui avait commencé de la pire des manières avec le mitraillage du bus du Togo. Reste à espérer que la Guinée Équatoriale et le Gabon, qui organiseront le tournoi dans deux ans, ne rééditeront pas les mêmes erreurs.
LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS
L'Egypte, comme une évidence
Les Pharaons ont répondu sur le terrain, et de la plus belle des manières, à leurs détracteurs qui se demandaient si cette équipe allait réussir à se relever de la déception issue de son élimination pour la Coupe du monde en novembre dernier. En disposant du Ghana (1-0), dimanche, les coéquipiers de Mohamed Hassan ont soulevé leur troisième trophée d'affilée dans cette Coupe d'Afrique des Nations, leur septième dans toute l'histoire de la compétition. Un record. "Je suis très fier. Nous avons remporté les deux dernières CAN, nous sommes trois fois champions. Je suis tellement heureux et fier d'être Egyptien. Nous avons vraiment la meilleure équipe d'Afrique", a ainsi expliqué Mohamed Zidan sur RFI dimanche. Avec une équipe formée de joueurs évoluant pour la plupart dans le championnat local, et privés de deux de leurs meilleurs éléments, Mohamed Aboutrika et Amr Zaki, blessés et donc forfaits, les Égyptiens, s'appuyant sur un collectif parfaitement rôdé, ont réalisé le tournoi quasi-parfait. Seul le Cameroun, en quarts de finale, a accroché les joueurs de Hassan Shehata, mais les Lions Indomptables ont lâché durant la prolongation (3-1 ap.), sous la pression d'une équipe qui a tout emporté sur son passage. Les Pharaons ont également profité de cette CAN pour établir un nouveau record d'invincibilité dans cette compétition, puisqu'ils n'ont plus connu le goût de la défaite depuis 19 matches, et une rencontre qui remonte au 29 janvier 2004, contre l'Algérie.
L'Algérie, une énigme
Que penser de cette équipe d'Algérie ? Humiliés par le Malawi pour leur entrée en lice dans la compétition (0-3), puis par l'Égypte en demi-finales (4-0), les Fennecs n'ont pas vraiment convaincu durant cette Coupe d'Afrique des Nations, qu'ils ont terminé au pied du podium après une ultime défaite contre le Nigeria (0-1). Seul le match contre la Côte d'Ivoire, en quarts de finale (3-2 ap.) vient un peu rehausser la prestation des coéquipiers de Yazid Mansouri en Angola. Peu inspirés offensivement (un seul but inscrit durant la phase de poules), et très fébriles derrière, à l'image de leur gardien, Fawzi Chaouchi, les Algériens n'ont pas su surfer sur la vague de leur qualification pour la Coupe du monde. Pourtant, il y a des motifs d'espoirs pour cette formation, dont le schéma tactique en 3-5-2 imaginé par Rabah Saatane pourrait perturber plus d'un adversaire cet été, en Afrique du Sud. Les ressources mentales entrevues à Khartoum en novembre dernier face à l'Égypte, et face aux Ivoiriens durant cette CAN, sont une des forces sur lesquelles l'Algérie doit s'appuyer pour espérer pouvoir rêver à une qualification historique pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde en juin prochain.
Une organisation décevante
"C'est une CAN ratée". Le jugement de Joseph-Antoine Bell, l'ancien gardien de but du Cameroun et désormais consultant pour RFI, est sévère, mais il est difficile de le contredire. Avant même le début du tournoi, le mitraillage du bus du Togo avait jeté un froid, et des voix s'étaient élevées pour se demander si le continent africain serait prêt, et surtout assez sûr, pour recevoir la Coupe du monde cet été. Le président de la Fifa, Josep Blatter, a tenu à rassurer, assurant avoir "confiance en l'Afrique" quant à l'organisation de la grande messe du football en juin prochain. Les joueurs ont notamment souffert de problèmes logistiques (l'Égypte a mis 8 heures pour rejoindre Lubanda, à 48 heures de sa finale), ou de devoir évoluer sous une chaleur accablante l'après-midi, sur des pelouses indignes à ce niveau. "On a tendance à dire : « Ça va » parce que c'est l'Afrique, mais il y a beaucoup trop de choses qui n'ont pas marché. Les stades n'étaient pas achevés, les pelouses pas encore prêtes", a expliqué Bell dans les colonnes du Parisien. Espérons que l'Afrique du Sud sera s'inspirer des erreurs commises en Angola durant cette CAN pour ne pas les reproduire.
La révélation: Gedo
Meilleur buteur de cette édition 2010 de la CAN, Mohamed Nagy Gedo ne disputait en Angola que sa première compétition internationale avec les Pharaons, après avoir fêté sa première cape le... 29 décembre dernier, en match de préparation contre le Malawi (1-1). Profitant des forfaits d'Amr Zaki et de Mohamed Aboutrika, blessés, l'attaquant (ou milieu offensif) d'Al Ittihad s'est glissé dans la liste des 23 joueurs convoqués en Angola par Hassan Shehata. Le joueur de 25 ans, troisième dans la hiérarchie des attaquants égyptiens derrière Emad Motaeb et Mohamed Zidan, a ainsi passé la majeure partie de son temps sur le banc de touche pendant le tournoi. Mais il a pleinement justifié la confiance de son sélectionneur quand il en sortait. Buteur à cinq reprises en six apparitions sur les terrains, Gedo n'a disputé en tout et pour tout 172 minutes de jeu, soit une moyenne exceptionnelle d'une réalisation toutes les 34 minutes. Il a ainsi participé pleinement au festival offensif des Égyptiens face au Nigeria (3-1) et au Mozambique (2-0) en poule, avant de donner l'avantage à son équipe dans les prolongations contre le Cameroun en quarts de finale (3-1 ap.), et d'apporter sa pierre à l'édifice lors de la "revanche" en demi-finale face à l'Algérie (4-0). Mais son but le plus important reste bien entendu celui inscrit en finale, contre le Ghana, le seul de la rencontre, qui a donné à son pays la septième Coupe d'Afrique des Nations de son histoire. Gedo ou le joker de luxe par définition.
Les flops: l'arbitrage et les gardiens de but
Difficile de départager ces deux "bides" de la CAN. D'un côté comme de l'autre, arbitres et gardiens de but ont été calamiteux. Plusieurs erreurs d'arbitrage ont ainsi émaillées la compétition, avec notamment des buts refusés (pour la Côté d'Ivoire, contre l'Algérie en quarts de finale) ou accordés (en faveur de l'Égypte, contre le Cameroun, en quarts de finale) ayant eu une incidence sur la physionomie des rencontres incriminées. On retiendra surtout la prestation de M. Coffi Codja Bonaventure lors de la demi-finale entre l'Algérie et l'Égypte, une rencontre que l'homme en jaune n'a pas réussi à tenir, expulsant trois Algériens au final, dont le gardien Chaouchi, symbole de l'autre flop de cette CAN. Le portier des Fennecs, tout comme la plupart de ses collègues, a été d'une faiblesse affligeante, les buts "casquettes" se multipliant tout au long des trois semaines de compétitions.
LA DÉCLARATION:
Mohamed Zidan (Égypte), sur le site de la Fifa, après la finale contre le Ghana: "Nous avons développé un beau football et nous avons gagné tous nos matches. Je pense que nous méritons notre trophée"
LA STAT:
3, tout comme le nombre de Coupe d'Afrique des Nations remportées d'affilé par l'Égypte. Un record depuis la création de cette compétition en 1957.
TOP BUT:
1) Gedo (Egypte)
2) Obasi (Nigeria)
3) Seydou Keita (Mali)
LE ONZE TYPE DE LA CAN: Enyeama (NIG) - Inkoom (GHA), Gomaa (EGY), Bougherra (ALG), Fathy (EGY) - Emana (CAM), Hassan (EGY), Zidan (EGY) - Obasi (NIG), Gyan (GHA), Gedo (EGY).
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